Sartre, Jean-Paul (1905-1980)

Au début du XXème siècle, un esprit important naît dont l’œuvre littéraire et les idées philosophiques laisseront leur empreinte sur les gens de cette époque-là et certainement sur ceux des époques suivantes. Il s’agit de Jean-Paul Charles Aymard Sartre qui est connu sous le nom Jean-Paul Sartre.

Jean-Paul, issu d’une famille bourgeoise, est le fils unique de Jean-Baptiste Sartre (1874-1906) et d’Anne-Marie Schweitzer. Ses parents se connaissent en 1904 et se marient très vite. Une année après, le 21 juin 1905, ils acquièrent leur premier enfant, c’est-à-dire Jean-Paul. Mais, Jean-Baptiste souffre de la fièvre intestinale et il meurt en 1906 sans que Jean-Paul n’ait la chance de le connaître.

Après la mort de son mari, Anne-Marie prend la décision de déménager chez ses parents à Meudon à cause de grandes difficultés financières. Ainsi, le petit garçon passe une grande partie de son enfance sous la tutelle de son grand-père Charles Schweitzer et de sa grand-mère Louise Guillemin. En 1914, la famille des Schweitzer se déplace à Paris vu que la retraite de Charles n’est pas suffisante pour tous. Le petit garçon reçoit son premier enseignement chez ses grands-parents. En étant initié à la littérature par la narration de sa mère et la grande bibliothèque de Charles, il apprend à lire sans avoir l’aide de précepteurs. Après avoir appris l’alphabet, il réussit à lire en parcourant assez de fois son livre préféré Sans famille[1] d’Hector Malot[2].

Charles décide d’inscrire son petit-fils au Lycée Montaigne. Ainsi, Jean-Paul entre, d’abord, en huitième et puis, à cause de quelques fautes orthographiques, on décide qu’il doit entrer en « dixième préparatoire ». Cependant, son grand-père n’accepte pas cette décision ; en conséquence, Jean-Paul reçoit des leçons particulières données par des instituteurs différents. Il suit aussi des cours à l’école communale à Arcachon et à l’Institution Poupon pour un semestre. En 1915, Jean-Paul Sartre est inscrit au petit Lycée Henri-IV « en qualité d’externe » et il y reste jusqu’en 1917. Lors de ses années scolaires, il obtient de nouveaux amis. Mais, l’élève, qui lui attire l’attention et avec qui il se liera de grande amitié, s’appelle Paul-Yves Nizan[3].

En 1917, sa mère se remarie avec un ingénieur de la marine, nommé Joseph Mancy. Ainsi, tous déménagent à la Rochelle où Jean-Paul reste jusqu’en 1920. Il s’agit de trois années très difficiles en raison de son dégoût éprouvé pour le nouvel époux de sa mère. Il s’inscrit au lycée de la région et il fait face à l’hostilité de quelques lycéens. En conséquence, il tombe malade et il est ramené à Paris. Anne-Marie ne veut pas que l’état psychologique de son fils s’aggrave et elle décide qu’il ne retourne pas à la Rochelle.

En 1924, il entre avec son ami Nizan à l’École normale supérieure de Paris (ENS). Durant ses études, il écrit des poèmes, des chansons et des romans. Mais, quatre ans après, il ne réussit pas au concours d’agrégation de Philosophie. Il se prépare de nouveau afin d’y participer et en 1929 il connaît Simone de Beauvoir[4] dans un « groupe de travail ». L’année suivante, il réussit au concours précis en y étant reçu le premier.

En 1931, après avoir achevé son service militaire, il devient professeur de philosophie au lycée du Havre. Il paraît qu’il n’aime pas la vie d’un professeur en province ; mais, cela ne signifie pas qu’il n’influence pas l’enseignement. En particulier, c’est un professeur moderne qui attire l’attention de ses élèves en dépit des réactions de quelques parents conservatifs. En 1933, il quitte la Normandie afin d’aller en Allemagne. Il devient pensionnaire à l’Institut français de Berlin en succédant son ami Raymond Aron[5]. Jean-Paul y étudie la phénoménologie[6] d’Edmund Husserl[7] et de Martin Heidegger[8]. Après la fin de ses études, Jean-Paul Sartre retourne au lycée du Havre et il continue à être professeur.

En 1938, il connaît la gloire grâce à la publication de son premier roman philosophique et autobiographique intitulé La Nausée après une écriture de huit ans et après le refus de l’éditeur Gaston Gallimard d’accepter le titre original qui était celui de Melancholia. En dépit de quelques mauvaises critiques faites à l’auteur, le public français l’accueille immédiatement. Son protagoniste est l’historien Antoine Roquentin qui, lors de l’écriture d’un roman, est pris sans cesse d’une nausée pour tous et pour tout. À travers une recherche profonde, il aboutit à la conclusion que l’écriture est la raison de son existence et le remède contre chaque dégoût de la vie. L’année suivante, Jean-Paul Sartre publie un autre livre qui gagne surtout de bonnes critiques. Il s’agit du recueil de nouvelles différentes portant le titre Le Mur[9]. Les nouvelles ne sont pas écrites simultanément et il paraît que le style de l’écrivain n’est plus le même. En particulier, ces histoires ne parlent pas de problèmes d’existence mais des problèmes politiques qui concernent la société des années trente.

Au début de la Seconde Guerre mondiale[10], Jean-Paul est mobilisé en Alsace au service de la météorologie. Il y reste durant la période 1939-1940 et il écrit les Carnets de la drôle de la guerre qui en sont composés de quinze. Il y parle de ce que lui et d’autres soldats font pendant la période précise et de la fin de sa jeunesse. Entre-temps, il publie son essai intitulé L’Imaginaire dans lequel il présente sa théorie sur la phénoménologie de la grande fonction irréalisante de la conscience. C’est l’œuvre qui témoigne le tournant de cet homme vers l’existentialisme. Mais, son écriture est interrompue vu que le jour de son anniversaire en 1940, il est transféré dans un camp de détention en Allemagne en étant prisonnier. Il est libéré en mars 1941 grâce à l’intervention de Pierre Drieu la Rochelle[11]. Le séjour de Jean-Paul Sartre dans ce camp est responsable du changement de son esprit critique et de son idéologie. Avant la guerre, c’était un adepte de l’individualisme[12] tandis qu’après cette expérience, Jean-Paul s’approche de la communauté en comprenant qu’il y a la solidarité dans la vie humaine. Ainsi, il fonde avec quelques intellectuels comme Maurice Merleau-Ponty[13] le groupe de résistance Socialisme et liberté. Vers la fin de cette année, il est nommé professeur au lycée Condorcet.

Cependant Jean-Paul Sartre n’abandonne pas son œuvre par rapport à la résistance en dépit de l’échec de son groupe. En 1943, il fait jouer son drame en trois actes Les Mouches au Théâtre de la Cité à Paris. Il reprend le mythe grec antique des Atrides lors duquel Électre symbolise la résistance à l’oppression. Il publie, pendant la même année, son essai philosophique qui porte le titre L’Être et le Néant.

Un an après, il fait jouer sa pièce en un acte Huis Clos au théâtre du Vieux-Colombier à Paris. Son but est de présenter d’une façon drôle les principes de l’existentialisme à son public. Cette pièce lui donne la chance de parler de l’influence d’autres personnes sur la vie de l’homme. Elle sera adaptée au cinéma en 1954 sous la réalisation de Jacqueline Audry[14].

Après cette représentation théâtrale, Albert Camus[15] l’invite à participer au mouvement français de Résistance nommé Combat et il en accepte. En plus, il écrit dans le journal Combat qui est l’organe de presse de la Résistance et qui est en circulation pendant les années 1941-1974. Sartre y écrit son article sur la libération de Paris et il gagne une grande renommée.

Après la libération de Paris, une conférence est organisée « à la Salle des Centraux, à Paris, le 29 octobre 1945 à 20 heures 30[16] » par le club Maintenant. L’orateur de cette conférence est Jean-Paul Sartre qui parle de l’existentialisme à travers son discours intitulé L’existentialisme est un humanisme en répondant à toutes les accusations déjà faites contre lui et la doctrine particulière.

L’existentialisme est, en général, un courant philosophique qui affirme que l’homme est un « être unique[17] »  capable de former sa vie et son destin selon les choix qu’il fait et les valeurs qu’il définit pour lui-même. Mais, Jean-Paul Sartre définit ce que l’existentialisme est lors de la conférence précise. Il souligne qu’à son époque, l’existentialisme « ne signifie plus rien du tout[18] » vu que le mot précis est utilisé par des gens qui « seraient bien embarrassés pour le justifier, puisque, aujourd’hui que c’est devenu une mode, on déclare volontiers qu’un musicien ou qu’un peintre est existentialiste[19] ». Cependant, selon lui, il s’agit de la « doctrine la moins scandaleuse[20] » qui « est strictement destinée aux techniciens et aux philosophes[21]». Ce courant se divise en « deux espèces d’existentialistes[22] » ; en celle des « chrétiens[23] » et en celle des « existentialistes athées, parmi lesquels il faut ranger lui-même[24] ». Néanmoins, le point commun de ces deux espèces est que l’« existence précède l’essence[25] », c’est-à-dire que l’homme existe avant de se définir.

Lors de la conférence, Jean-Paul Sartre n’explique pas seulement les thèses de ce courant philosophique. C’est le premier qui parle de la liberté de l’homme d’un point de vue qu’aucun existentialiste n’a présenté jusqu’à ce moment. Il définit, donc, que l’homme « est condamné à être libre[26] » si « Dieu n’existe pas[27] » vu que, dans ce cas, « nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des ordres qui légitimeront notre conduite[28] ». Il définit que l’homme est « condamné, parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait[29] ».

Il finit son discours par déclarer que l’existentialisme ne vise pas à « démontrer que Dieu n’existe pas ». Par contre, son but est de montrer à l’homme qu’il doit « se retrouver lui-même et se persuader que rien ne peut le sauver de lui-même[30] ».

Après la fin de la conférence, l’existentialisme devient une mode vu que les hommes jouissent de la période d’après-guerre et qu’ils ont besoin de vivre en liberté. Ainsi, le lieu où Jean-Paul habite, c’est-à-dire Saint-Germain-des-Prés, devient le lieu de ce nouveau mouvement. Un an après, il publie son ouvrage philosophique L’existentialisme est un humanisme qui est composé de ses paroles dites lors de la conférence réalisée.

Jean-Paul Sartre réussit à devenir très célèbre grâce à ses idées existentialistes et ainsi, il décide de ne pas quitter les lettres françaises. Il exprime son opinion sur chaque thème politique ou social et présente chaque idée philosophique dans sa revue Les Temps Modernes qu’il a fondée avec sa compagne, c’est-à-dire avec Simone de Beauvoir. Ainsi, Sartre y défend les minorités délaissées de son époque comme les Juifs en France et les Noirs aux États-Unis.

En 1946, il publie, d’abord, son essai politique portant le titre Réflexions sur la question juive en essayant d’expliquer les origines de l’antisémitisme[31]. Pour lui, le regard de chaque homme est celui « qui fait du Juif, un Juif[32] ». Il souligne que même les hommes, qui veulent avoir une pensée ouverte, se distinguent par leur antisémitisme. En conséquence, il dit que c’est l’antisémite qui doit changer et pas le juif.  Puis, il fait jouer deux représentations théâtrales à la fois au Théâtre Antoine à Paris le 8 novembre 1946. Sa première pièce en un acte et deux tableaux est intitulée La Putain respectueuse. Sa seconde pièce théâtrale en deux actes et quatre tableaux porte le titre Morts sans sépulture. Le but du dramaturge est de montrer que les hommes sont les mêmes indépendamment de leur couleur. La seconde pièce sera adaptée au cinéma en 1952. Entre-temps, il n’arrête pas de s’occuper de la littérature et ainsi, il publie chez Gallimard son essai portant le titre Qu’est-ce que la littérature. Son but est d’expliquer ce que la littérature engagée est en donnant ses réponses à trois questions précises : « Qu’est-ce qu’écrire ? », « Pourquoi écrire ? », « Pour qui écrit-on ? ».

L’année suivante, Jean-Paul Sartre s’occupe de l’écriture, du cinéma, de sa politique ayant une idéologie de gauche et du théâtre. Ainsi, il publie son essai intitulé Baudelaire dans lequel il analyse son opinion sur la décision de Charles Baudelaire[33] de se diriger vers sa mort après les jugements qu’il a acceptés en raison de la publication de son recueil de poèmes Les Fleurs du mal en 1857. En ce qui concerne son idéologie politique, Sartre, en écrivant dans sa revue, s’oppose à la guerre d’Indochine qui se déroule depuis la période 1946-1954. Il n’hésite pas à exprimer son opposition à la politique du général de Gaulle[34] et de ses partisans. Entre-temps il déclare être contre l’impérialisme américain, c’est-à-dire contre l’influence américaine sur des domaines différents comme sur celui de la politique et celui de l’économie à l’échelle mondiale. En conséquence, Jean-Paul est l’une des personnes qui fonde le parti militant français nommé RDR[35] à la fin de l’année 1947. Ses membres essayent de créer un parti à gauche qui sera plus démocratique que le PCF[36] et plus révolutionnaire que la SFIO[37]. Mais, ce parti ne réussira pas à atteindre son but et il est conduit à sa dissolution au début de l’année 1948. Cependant il fait monter sa pièce théâtrale en sept tableaux Les Mains Sales en 1948 au théâtre Antoine à Paris. Il s’agit d’une œuvre de caractère politique et philosophique à la fois dans laquelle Jean-Paul présente l’existence du marxisme en y ayant incorporé l’existentialisme. En plus, depuis cette année et jusqu’en mars 1949, il fait publier son journal politique La Gauche.

En 1951, Jean-Paul Sartre publie son drame en trois actes et onze tableaux intitulé Le Diable et le Bon Dieu au Théâtre Antoine à Paris. Il s’agit d’une pièce qui parle de la nature de l’homme, de Dieu et du Diable. L’année suivante, il écrit son essai intitulé Saint Genet, comédien et martyr concernant Jean Genet[38]. En 1953, il fait l’adaptation théâtrale, à la demande de Pierre Brasseur[39], de la pièce d’Alexandre Dumas[40] Kean écrite en 1836, au théâtre Sarah-Bernhardt. Son but est de révéler l’hypocrisie humaine dans la société.     

Entre-temps, il continue sa participation à la politique et il entre dans le PCF pour les années 1952-1956. En 1953, il devient le président de l’association France-URSS[41]. En plus, il entre comme membre au Conseil mondial de la paix[42]. En 1955, il s’oppose aux thèses anticommunistes que la presse française exprime. En particulier, il fait monter sa pièce théâtrale en huit tableaux Nekrassov au Théâtre Antoine à Paris. Cependant, en 1956, Sartre exprime son opposition au colonialisme français qui aura comme conséquence la création d’une Algérie française. Ainsi, il lutte afin de protéger les droits de ce peuple et de l’aider à obtenir sa liberté. En plus, il rompt définitivement ses relations avec le PCF après l’insurrection de Budapest[43]. Néanmoins, il n’oublie jamais sa passion pour le théâtre et en 1959, il fait monter sa pièce en cinq actes Les Séquestrés d’Altona au théâtre de la Renaissance. Cette pièce sera adaptée au cinéma italien trois années après.

Jean-Paul Sartre, étant adepte du parti gauche, s’occupe surtout de la politique pendant la période 1960-1970. En premier lieu, il soutient la révolution cubaine qui débute en 1953 et finit en 1959. Après quelques réformes socialistes, le Parti Communiste cubain domine finalement en 1965. En deuxième lieu, il s’oppose à l’intervention des États-Unis au Viêt-nam, au Cambodge, au Laos et il soutient tous les mouvements communistes en Indochine. En parallèle, il s’occupe du cinéma et en 1962, il écrit le scénario du film américain intitulé Freud, passions secrètes avec la collaboration de John Huston[44]. Entre-temps, il tient un rôle actif dans les événements de mai ’68[45] en France vu qu’il est pour les luttes des ouvriers et des étudiants. Il y participe en écrivant des articles aux journaux et en descendant dans les rues avec le monde révolté. En plus, il soutient le mouvement maoïste[46] et il s’occupe du conflit israélo-palestinien en reconnaissant la légitimité de l’État d’Israël tandis qu’il dénonce les mauvaises conditions de vie des Palestiniens.

Malgré ses occupations politiques, Jean-Paul Sartre n’oublie pas son écriture. Ainsi, en 1964, il publie son œuvre autobiographique qui porte le titre Les Mots. Après une longue écriture pendant les années 1953-1963, il réussit à dévoiler une partie de son enfance déroulée chez ses grands-parents maternels lors des années 1905-1917.

Ce livre, dédié à « madame Z », c’est-à-dire à une amie russe de Sartre qui s’appelait Léna Zonina, est divisé en deux parties portant les titres « Lire » et « Écrire ». Son titre original était Jean sans terre en référence à Jean d’Angleterre[47] qui avait un point commun avec Jean-Paul Sartre ; les deux hommes ne pouvaient pas continuer l’œuvre de leurs pères. Jean-Paul « n’était pas le continuateur futur de l’œuvre paternelle » parce qu’il n’avait pas de père et que « rien ne lui appartenait ». En ce qui concerne Jean d’Angleterre, il n’avait pas le droit de monter sur le trône ou d’hériter quelque chose en étant le dernier fils du roi Henri II[48] d’Angleterre et d’Aliénor d’Aquitaine[49].

Jean-Paul Sartre nous introduit les membres de sa famille maternelle et il nous décrit son séjour chez ses grands-parents après la mort de son père Jean-Baptiste en 1906. Son but est de dévoiler le caractère de cet enfant qui se distinguait par son « narcissisme ». En particulier, il veut montrer comment un tel enfant, qui s’appelle Poulou, arrive à se transformer en un écrivain connu en échelle mondiale sous le nom de Jean-Paul Sartre. En plus, cette œuvre constitue une recherche profonde de cet homme, qui, à l’âge de cinquante ans, ne cesse pas de s’interroger sur la signification de son existence sur la terre.

Les Mots constituent un récit qui impressionne son lecteur de son style d’écriture. D’une part, Jean-Paul réussit à expliquer même sa théorie sur l’existentialisme en présentant les expériences d’un enfant de qui la naissance constituait une « merveille ». D’autre part, il ne présente pas quelques événements en ordre chronologique. Par contre, il narre sous les yeux d’un adulte des événements déjà passés concernant la vie d’un enfant qui maintenant n’existe pas. Entre-temps, il fait beaucoup de changements à ces souvenirs qui appartiennent à un passé lointain ou à un passé possiblement oublié de la part du narrateur. Ainsi, on pourrait dire que Les Mots constituent un récit qui n’est pas autobiographique, mais qui est anti-autobiographique. En outre, c’est Jean-Paul à l’âge de cinquante ans qui décide de la narration de ces souvenirs.

De toute façon,  il y a plusieurs références à des livres, des magazines d’aventure et aux noms des auteurs classiques qui encadrent la vie de cet enfant. Des personnages réels issus des livres ou créés par l’imagination d’un petit garçon s’émergent de ses lignes. En plus, des histoires sur des personnes de la famille de cet homme voient le jour dans l’effort de Jean-Paul de découvrir possiblement ce qui lui reste de son enfance.

Lors de la même année, on lui décerne pour cette œuvre le Prix Nobel de littérature[50]. Mais, il ne l’accepte pas parce qu’il ne veut pas perdre son indépendance et sa liberté qu’il défend à travers l’existentialisme. En outre, il avait déjà refusé la Légion d’honneur en 1945 et une chaire au Collège de France. En plus, en dépit de ses affirmations dans cette œuvre qu’« il n’y a pas de bon père » et que « c’est la règle », il adopte une fille à cette époque-là. Il s’agit d’Arlette Elkaïm qui est née en 1935 à la commune d’Algérie nommée Constantine. Elle l’accompagne toujours et le soutient pendant toutes ses luttes politiques ou humanitaires.

Entre-temps, Jean-Paul Sartre était déjà devenu le récepteur des hostilités en raison de son opposition au colonialisme français en Algérie. En particulier, son appartement et sa revue Les Temps modernes avaient été plastiqués assez de fois par l’OAS[51]. Mais, en 1971 et en 1973, il devient victime de deux attaques ; le résultat de la deuxième est la perte de sa cécité. De toute façon, Jean-Paul Sartre n’arrête pas de s’exprimer en écrit et en oral. En outre, il a toujours le soutien de sa compagne Simone de Beauvoir. Il décide aussi d’embaucher un secrétaire et il choisit Benny Lévy (1973-1980) avec qui il discute des sujets différents. Entre-temps, en 1976, il accepte le titre honorifique de docteur honoris causa de l’université de Jérusalem qui lui est décerné à l’ambassade d’Israël à Paris par Emmanuel Levinas[52]. En 1979, il fait sa dernière tentative afin d’offrir son aide à des hommes qui en ont besoin. Plus précisément, en ignorant complètement sa santé aggravée en raison des attaques, du tabac et de l’alcool, il va à l’Élysée afin de demander au gouvernement français d’accepter l’entrée des « boat people », c’est-à-dire des réfugiés du Viêt-Nam.

Depuis ce jour-là, il passe son temps avec son secrétaire en parlant d’une abondance de sujets comme du judaïsme. Entre-temps, un dialogue entre Sartre et Benny Lévy intitulé l’Espoir maintenant est publié dans l’Observateur le 10, le 17 et le 24 mars 1980. Tout l’entourage de Jean-Paul en est gêné vu que d’après ce dialogue, il paraît que cet homme se tourne vers le judaïsme. Ainsi, le secrétaire est accusé de la manipulation de ce vieil homme tandis que le directeur du journal dément tout. De toute façon, personne n’a le temps de découvrir ce qui se passe en réalité vu que Jean-Paul Sartre est emmené à l’hôpital Broussais de Paris, le 15 avril 1980. Cette fois-ci Jean-Paul ne peut pas prononcer ses discours politiques ou raconter une histoire imaginaire afin de s’échapper de la mort. Ainsi, il perd la lutte et il y rend le dernier soupir après un œdème pulmonaire. Son enterrement se réalise quatre jours après au cimetière du Montparnasse à Paris. Il y est accompagné de Simone de Beauvoir, de sa fille adoptée, de ses amis, de ses anciens élèves, du public français et des personnes pour qui il a lutté lors de sa vie. Ainsi, il est conduit à sa dernière demeure en étant suivi d’une cinquante mille personnes.

Jean-Paul Sartre a commencé son écriture grâce à son voyage littéraire dans la bibliothèque de son grand-père et aux narrations de sa mère. Son besoin de s’évader des stéréotypes de son époque l’a conduit à devenir un écrivain, un philosophe et surtout un homme qui n’a jamais oublié ses prochains. Ainsi, Sartre, en étant absolument libre, a créé son destin qui a été lié à la contribution humaine. En ce qui nous concerne, nous pourrions étudier son ouvrage afin de créer notre destin !

Note : La biographie de Jean-Paul écrite et révisée par Evi Markouizou contient des extraits entre guillemets par le livre intitulé Les Mots (SARTRE, Jean-Paul. Les mots. Paris : Gallimard, coll. Folio n°607, 2015.)

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Notes de bas de page

[1] Le roman Sans famille a été écrit par le romancier français Hector Mallot (1830-1907). Son héros est l’enfant abandonné, Rémi, qui mène une vie difficile en recherchant ses origines.

[2] Hector-Henri Malot (1830-1907), dit Hector Malot, était un écrivain et journaliste français.

[3] Paul-Yves Nizan (1905-1940) était un journaliste, romancier et philosophe français.

[4] Simone de Beauvoir (1908-1986) était une philosophe, mémorialiste, épistolière, romancière et essayiste française. C’était une théoricienne importante du féminisme vu qu’elle a participé au mouvement de libération des femmes dans les années 1970.

[5] Raymond Aron (1905-1983) était un philosophe, historien, politologue, sociologue et journaliste français.

[6] La phénoménologie est un courant philosophique qui étudie les phénomènes, c’est-à-dire les contenus de conscience et l’expérience vécue.

[7] Edmund Husserl (1859-1938) était un philosophe allemand qui a fondé le courant philosophique nommé phénoménologie.

[8] Martin Heidegger (1889-1976) était un philosophe allemand et étudiant d’Edmund Husserl (1859-1938).

[9] Le Mur est composé de cinq nouvelles suivantes : Le Mur, La Chambre, Érostrate, Intimité, L’Enfance d’un chef.

[10] La Seconde Guerre mondiale a duré lors des années 1939-1945. Il s’agit d’une des plus sanglantes guerres de l’humanité qui avait des conséquences graves sur chaque niveau de la vie humaine.

[11] Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945) était un écrivain français.

[12] L’individualisme est une conception philosophique, sociale, morale et politique qui fait sa première apparition à la fin du Moyen Âge. Il privilégie les droits, les intérêts et la valeur de l’individu par rapport à ceux du groupe en défendant l’autonomie de chaque individu face aux institutions politiques et sociales.

[13] Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) était un philosophe français.

[14] Jacqueline Audry (1908-1977) était une réalisatrice française.

[15] Albert Camus (1913-1960) était un écrivain, romancier, dramaturge et essayiste français. Il est considéré comme le plus grand philosophe du XXème siècle.

[16] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27existentialisme_est_un_humanisme

[17] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[18] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[19] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[20] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[21] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[22] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[23] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[24] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[25] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[26] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[27] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[28] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[29] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[30] Source : http://prepagrandnoumea.net/hec2015/TEXTES/SARTRE%20L%20existentialisme%20est%20un%20humanisme.pdf

[31] L’antisémitisme est le terme qui désigne chaque discrimination et hostilité qui se manifestent contre les Juifs ; il s’agit d’une forme de racisme surtout religieux et racial.   

[32] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9flexions_sur_la_question_juive

[33] Charles Baudelaire (1821-1867) était un poète français.

[34] Charles de Gaulle (1890-1970) était un écrivain, militaire et homme d’État français.

[35] RDR : Rassemblement démocratique révolutionnaire

[36] PCF : Parti communiste français

[37] SFIO : Section française de l’Internationale ouvrière

[38] Jean Genet (1910-1986) était un poète et auteur dramatique français.

[39] Pierre-Albert Espinasse (1905-1972), dit Pierre Brasseur, était un acteur français.

[40] Alexandre Dumas (1802-1870), dit aussi Alexandre Dumas père, était un écrivain français.

[41] L’association France-URSS a été créée en janvier 1945 à Paris en ayant le but de promouvoir l’amitié entre le peuple français et celui de l’Union soviétique. Elle a été dissolue en 1992.

[42] Le Conseil mondial de la paix est une organisation internationale dont le but est la lutte pour la paix, le désarmement général et la promotion des droits fondamentaux contre toute forme d’impérialisme. Elle a été créée en 1949. Depuis l’année 2000, son siège est à Athènes.

[43] L’insurrection de Budapest ou la révolution de 1956 est la nomination de la révolte nationale spontanée contre la République populaire de Hongrie et ses politiques imposées par l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Cette révolte a duré du 23 octobre au 10 novembre 1956.

[44] John Huston (1906-1987) était un acteur et réalisateur américain.

[45] Le terme Mai’68 est employé pour la référence à un événement multiforme qui a eu lieu en France pendant les mois de mai et de juin en 1968. Des étudiants, des lycéens, des professeurs, des ouvriers ont manifesté contre le gouvernement de Charles de Gaulle (1890-1970) et le capitalisme. Ils ont présenté leurs demandes salariales et financières en paralysant le pays à travers leurs manifestations. Un cycle de débats et de combats à la fois a commencé qui a abouti à la dissolution de l’Assemblée nationale par Charles de Gaulle et aux élections des 23 et 30 juin avec la victoire des gaullistes. Il s’agissait d’un mouvement social qui a constitué la source de naissance d’autres manifestations parallèles en Allemagne, en Italie, aux États-Unis, au Japon, au Mexique, au Brésil, à la Tchécoslovaquie et en Chine. Les résultats de Mai’68 étaient des changements de type social, économique et politique.

[46] Le mouvement maoïste était le courant communiste développé en Chine par l’homme d’État et chef militaire Mao Zedong (1893-1976), dit aussi Mao Tsé-Toung, pendant les années 1949-1976..

[47] Jean d’Angleterre (1166 ou 1167-1216), dit « sans Terre », était roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande et duc d’Aquitaine. Il est devenu roi d’Angleterre en 1199 et son règne a duré jusqu’à sa mort.

[48] Henri II (1133-1189) était comte d’Anjou et du Maine, duc de Normandie et d’Aquitaine. Il était, aussi, roi d’Angleterre de l’année 1154 jusqu’en 1189.

[49] Aliénor d’Aquitaine (1122 ou 1124-1204) était reine des Francs pendant la période 1137-1152 en raison de son mariage avec Louis VII (1120-1180) et reine d’Angleterre pour la période 1154-1189 en raison de son mariage avec Henri II (1133-1189).

[50] Le prix Nobel de littérature est une récompense annuelle qui est décernée, depuis 1901, à un romancier, un essayiste, un poète ou un dramaturge pour ses services à l’humanité à travers une œuvre littéraire. 

[51] OAS : L’Organisation de l’armée secrète était une organisation politique et militaire française qui a été fondé clandestinement.  Son but était de défendre la présence française en Algérie.

[52] Emmanuel Levinas (1906-1995) était un philosophe d’origine lituanienne français.

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