Christodoulou, Nicolas

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Par Evi Markouizou

 Christo 2 Le mois de mars est dédié à un homme qu’assez de personnes connaissent et de qui elles ne cessent pas de parler surtout pendant les périodes d’examens. Son nom est lié aux examens français et pour ceux qui ont fait plus de recherche à la diffusion de la langue française en Grèce. Dans cet article, on connaîtra, donc, Dr. Nicolas Christodoulou, professeur de français, Chef du Service des Examens et des Certifications de l’Institut Français de Grèce et Président de la section hellénique de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques (AMOPA).

D’abord, j’ai appris comme élève à coté de ce professeur à étudier d’une façon propre pour réussir toutes les fois aux examens demandés pour l’obtention des diplômes français. Puis, j’ai appris à aimer plus le français pendant ma préparation afin de participer aux Examens Panhelléniques. Ensuite, comme étudiante cette fois-ci, j’ai lu attentivement son œuvre littéraire pour recevoir les connaissances nécessaires de telle façon à entrer au domaine de l’enseignement. Quand j’ai commencé à enseigner, je connaissais que mon diplôme universitaire n’était pas suffisant et que j’avais besoin de directives. En conséquence, pendant les années, je n’ai pas hésité à lui demander ses conseils et à essayer de m’améliorer à travers ses réponses. Même ma décision de devenir examinatrice aux diplômes DELF/DALF/SORBONNE est issue de l’influence de sa parole quand je m’étais trouvée à sa première leçon, lors de laquelle, il m’a convaincue que le professeur conscient était celui qui n’abandonnait jamais la formation. En outre, être un professeur ne signifie pas qu’on enseigne mais qu’on est enseigné au fur et à mesure qu’on enseigne.

Qui est, donc, Dr. Nicolas Christodoulou ?

 

Evi Markouizou
Nous voudrions apprendre quelques informations sur vos origines et vos études.
Nicolas Christodoulou
Je suis originaire de Chypre occupé et plus particulièrement d’Ammochostos. Je suis parti de mon pays natal après l’invasion des Turcs en 1974 et je suis venu à Athènes. Je suis revenu de nouveau à Chypre et j’ai pris la décision de partir en France. J’ai passé les examens demandés tandis que j’avais déjà passé les Examens Panchypriottes. J’avais choisi quatre facultés ; celle des lettres françaises, celle des lettres anglaises, celle des lettres grecques et celle de Droit. J’ai réussi à toutes et avec une bourse scolaire au département de langue et de littérature françaises que j’ai choisi malgré les réactions de mes parents qui préféraient la faculté de Droit. Mais, moi j’insistais sur mon choix et c’est pourquoi que je dis toujours que c’est important de faire quelque chose avec passion. J’ai fini mes études en trois années au lieu des quatre et en parallèle, je travaillais. J’avais une grande professeure nommée Madame Gisèle Vivier à qui la salle de l’Institut Français de Grèce à côté de mon bureau est dédiée. Tous les jours je suivais des cours de Littérature dans une maison où elle enseignait à des étudiants indépendamment de leur place économique. Si un étudiant n’avait pas d’argent, elle ouvrait son tiroir et elle lui en offrait. J’ai suivi l’enseignement de cette professeure et de cette façon j’ai appris à aimer la Littérature. Lors des trois ans de mon travail, j’ai pris deux promotions. Mais, au temps de la seconde, j’en ai démissionné et je suis allé à Paris. Là, je suivais des cours de Littérature six heures par jour à la Sorbonne pendant tout l’été. À mon retour, j’ai choisi de faire des études en Interprétation et pas en Littérature. Je me suis inscrit à l’ESIT et je suis devenu admis. Deux jours avant mon départ, je reçois une lettre selon laquelle les étudiants, qui avaient le grec comme langue maternelle, n’y seraient pas admis cette année-là. Mais, j’avais dit que si je ne faisais pas mes études en Interprétation, je les ferais seulement en Littérature et seulement à l’Université Paris-Sorbonne. En conséquence, j’ai fait précipitamment tout ce qui était important afin d’être admis en Littérature. J’ai trouvé le professeur responsable, je lui ai présenté mon projet sur Proust et finalement, j’y suis devenu admis. En réalité, j’avais un autre professeur comme responsable et je suivais les cours d’un autre ; ceux de M. Raimond. J’ai accompli mes études en Littérature après quatre ans. Le professeur précis me demandait de m’asseoir à droite de lui et il me disait : «Mon Athénien, venez près de moi». Je lui répondais que je n’étais pas Athénien et lui, il me disait : «Chaque Grec est Athénien.»

 

Evi Markouizou
Pour quelle raison avez-vous choisi l’Interprétation ?
Nicolas Christodoulou
J’aimais les langues. Je me suis assisté à l’un des premiers colloques de l’Union Européenne qui a eu lieu à l’hôtel Intercontinental à Athènes. Durant cette époque-là, l’adhésion de la Grèce à l’Union n’était pas encore accomplie. Je causais avec un interprète, nommé De Ryck, qui parlait parfaitement grec. Je lui ai demandé comment il avait appris à le parler et il m’a dit qu’il avait appris la langue grecque parce qu’il suivait les paroles de Konstantinos Karamanlis. C’était très difficile pour lui de le comprendre, mais quand il l’a réussi, il a affirmé qu’il avait déjà appris le grec. J’étais impressionné de sa réponse et j’ai pensé que je pouvais aussi moi-même parler une autre langue de cette façon. Il m’a informé sur l’ESIT qui acceptait des étudiants ayant un diplôme universitaire issu des facultés des Finances ou de Droit. Mais, moi, je lisais des textes par rapport à la politique et des journaux régulièrement ; j’en étais informé. En conséquence, je n’aurais pas de problème lors de l’interview.

 

Evi Markouizou
Pour quelle raison êtes-vous revenu en Grèce ?
Nicolas Christodoulou
En raison de la grossesse de mon épouse. Elle voulait accoucher en Grèce afin d’être à côté de sa famille. J’ai été d’accord avec elle, mais je lui ai dit que nous irions à Athènes pour un peu de temps vu que puis, je visiterais Chypre et finalement, je reviendrais à Paris. À cette époque-là, une amie m’a fait quelques applications écrites à des écoles comme au Collège Américain d’Athènes, à l’Institut Français et à une autre école francophone. Un peu avant mon retour à Paris pour que je renouvelle ma carte de séjour, j’ai accordé une interview et j’ai été embauché au Collège. Mais, je suis parti pour Paris afin de renouveler ma carte et puis, je suis revenu à Athènes. Ainsi, j’ai commencé à enseigner au Collège. Un an après, j’avais des heures de cours à l’Institut Français avec lequel le Collège se collaborait. Après trois ans, l’Attaché d’Ambassade, le philosophe Michel Guérin, qui était le Directeur de l’Institut Français, m’a appelé. Il m’a dit qu’ils avaient suivi mon travail et qu’ils me proposaient de partir du domaine de l’enseignement afin que je me sois chargé de quelque chose de nouveau. Moi, je ne l’ai pas accepté et je suis parti. Je suis allé à Paris. Après la réception d’une lettre drôle et un dîner, j’ai accepté la proposition. Je me rappelle que je m’étais chargé de la direction d’un bureau qui avait seulement un téléphone vert. On a commencé du zéro et on a bâti peu à peu. Je crois que leur proposition est due au fait que je n’avais aucune connaissance à ce lieu. À cette époque-là, on voulait changer le système d’examens en apportant les diplômes DELF/DALF. Cette distance précise par le personnel que je ne connaissais pas du moins m’a aidé quand j’ai fait les changements au système. Ils avaient absolument confiance en moi.

 

Evi Markouizou
Aimez-vous votre travail ?
Nicolas Christodoulou
Chacun doit apprendre à faire son travail avec passion. Si on ne le fait pas avec passion, mais en se basant sur notre paiement, sur l’horaire, sur le fait qu’on aime ou qu’on n’aime pas le lieu de notre travail, on échouera. Je crois que tous les professeurs, nous sommes fonctionnaires et plus particulièrement fonctionnaires d’éducation. Comme telles personnes, on doit avoir un double point de vue et un double objectif. D’une part, il faut qu’on se dirige au profit du service des professeurs et des élèves qui s’occupent de la civilisation française, de la langue française, de l’éducation française. D’autre part, en raison de ma position professionnelle comme Chef du Service des Examens, il faut qu’on soit sévères par rapport à la notation. Tous doivent comprendre que l’action d’accorder les diplômes se réalise à travers des mesures d’évaluation strictes. J’essaie d’expliquer à ceux qui ne sont pas satisfaits de ce système que les examens ne sont pas une peur mais un certificat de connaissances de niveau intermédiaire. Les enfants doivent apprendre à argumenter d’une façon correcte et cela manque à l’éducation grecque.
Evi Markouizou
S’agit-il, donc, de la capacité de chacun d’argumenter comme vous avez déjà référé à la chaîne de la télévision publique grecque ?
Nicolas Christodoulou
Oui. Nous avons déjà prouvé que comme centre d’examens, nous sommes transparents. Personne ne subit jamais d’injustice. Mais, il est difficile que le système européen, c’est-à-dire le système d’habilités du Conseil de l’Europe est aperçu et que personne ne connaît la notation finale de chaque enfant quand une partie de ces habiletés est corrigée et pas toutes pour des raisons évidentes.

 

Evi Markouizou
Comment vous sentez-vous quand vous venez au boulot ?
Nicolas Christodoulou
Je ne viens jamais au travail en se sentant fatigué même si je n’ai pas dormi. Je suis l’un de ces hommes qui arrivent premiers au bureau le matin parce que j’aime combiner mon travail avec l’aube et pas avec le coucher du soleil. Nous devons être aimables et gentils avec les gens. Peut-être ai-je dépassé les limites quand l’autre fait la même chose et il crie. Mais, je comprends ces personnes qui possiblement ne reçoivent pas le service propre à d’autres domaines. Certainement, quand quelqu’un vient à mon bureau et qu’on lui explique, il comprend et il part sans avoir aucun sentiment d’injustice.

 

Evi Markouizou
Croyez-vous que l’obtention des diplômes soit nécessaire ?
Nicolas Christodoulou
Malheureusement, de nos jours, en raison du système anglo-saxon qui est imposé, on ne peut pas prouver d’une autre façon dans un curriculum vitae qu’on connaît une langue où qu’on aille. Autrefois, il n’y avait pas la manie de confirmation vu qu’une interview et l’envoi d’un texte écrit étaient suffisants. Mais, aujourd’hui la plupart des gens n’écrivent pas ; on communique par des texto, à travers les plateformes électroniques. En conséquence, quelqu’un voit moins notre expression écrite. Et cela constitue un désavantage que le système d’examens français couvre en obligeant l’enfant d’écrire sa production écrite qui n’est pas corrigée par un système électronique. Je suis contre cette façon de correction puisqu’elle est impersonnelle. Oui, les enfants doivent certainement passer des examens pour obtenir leurs diplômes vu que de cette façon ils sentent une confirmation ; en outre, ils peuvent les ajouter dans leur curriculum vitae. Mais, il faudrait qu’une certification supplémentaire soit réalisée après quelques années à travers un entretien et un texte écrit, un essai ou une lettre puisque aucun homme ne peut dire qu’il parle une langue étrangère s’il ne l’utilise pas régulièrement.

 

Evi Markouizou
Quelle est votre opinion sur la suppression de l’autorisation d’enseigner ?
Nicolas Christodoulou
Nous disons qu’ils peuvent la supprimer. Une autorisation d’enseigner a quelqu’un qui a fait des études universitaires, qui a fait des études continues. On doit simplement examiner à travers quelle méthode didactique et quelle méthodologie quelqu’un, qui a cette autorisation, peut enseigner.

 

Evi Markouizou
Que l’enseignement est-il pour vous ?
Nicolas Christodoulou
L’enseignement est comme le théâtre. Commençant à enseigner au Collège d’Athènes, je dis, le premier jour, aux enfants qu’on fera un accord. Pendant toute l’année, on réalisera des représentations théâtrales avec une différence. Le responsable du théâtre sera moi-même et les élèves seront les acteurs selon la pièce qu’on aura choisie. En conséquence, on devra être d’accord dès le début que les rôles seront différents. Vous, vous respecterez mon rôle et moi, les vôtres. Si on peut s’apercevoir de cela, l’enseignement sera très aimable. Nous allons faire tant de représentations théâtrales que les périodes scolaires sont. Même la grammaire pourra être une représentation théâtrale de la façon à travers laquelle on va la faire. Le professeur doit échapper au matériel fameux et aux exercices. Il faut qu’il donne l’objectif cognitif en niveau culturel et social à travers la langue étrangère. Il n’est pas logique qu’on enseigne une langue étrangère et qu’on sache seulement faire des exercices, écrire une lettre. Il faut qu’on connaisse la civilisation du pays afin d’être plus libéraux, plus ouverts aux hommes. Je pense qu’on devient plus démocratiques quand on connaît une, deux, trois, quatre langues et des civilisations différentes.

 

Evi Markouizou
Le français constitue-t-il pour vous une langue qui élargit les horizons mentaux ou un moyen de communication ?
Nicolas Christodoulou
C’est les deux. Si on voulait que le français soit un outil de communication, on apprendrait 500-600 mots pour prendre un taxi en partant de l’aéroport. De plus, on apprendrait comment on commanderait à un restaurant, comment on pourrait faire une réservation à un hôtel. On n’a pas besoin de beaucoup. L’homme ne s’occupe pas seulement de bona temporalia ; c’est un être qui pense. En conséquence, il doit s’occuper plus de sa civilisation et de celle d’autres pays. La France a quelque chose de différent surtout de la civilisation anglo-saxonne. Elle n’existe pas sans civilisation. C’est pour cette raison que vous voyez que dans les méthodes il y a des textes de littérature, de poésie, de théâtre, des nouvelles et puis, à un niveau plus technique, il y a la synthèse, l’essai. L’homme doit penser à travers la langue. Si on considère que la langue est l’être, je dois apprendre les deux langues très bien afin que je puisse devenir deux êtres, c’est-à-dire penser plus et mieux. La langue n’est pas seulement la parole orale ou la parole écrite, mais l’ensemble de mimétisme, de gestes. Pour les apprendre, il faut que j’entre plus dans la civilisation du pays. Quand j’entre plus dans la civilisation française, j’apercevrai plus l’origine grecque étant donné que les lettres françaises sont influencées d’un grand degré par les lettres grecques jusqu’à la moitié du 20ème siècle. En conséquence, je découvre la langue grecque à travers la langue française.

 

Evi Markouizou
Le grec a-t-il été simplifié ?
Nicolas Christodoulou
Le grec a été simplifié parce qu’il n’y a pas obligatoirement de livres littéraires aux écoles grecques. Il faudrait que ce système soit de nouveau en vigueur afin que l’élève travaille sur un livre avec son professeur et qu’il enrichisse son vocabulaire. En outre, enrichir le vocabulaire signifie enrichir ma pensée, penser mieux, ne pas penser d’une façon simple, juger mieux. Le rôle de l’enseignant est de faire élever plus le niveau des enfants. Mais, on a besoin, nous-mêmes, aussi d’une formation continue.

 

Evi Markouizou
Croyez-vous qu’il y ait de la différence entre les diplômes DELF/DALF et ceux de la Sorbonne ? Moi, par exemple, je crois que les diplômes de la Sorbonne sont celles qui initient les élèves à la Littérature.
Nicolas Christodoulou
Chaque diplôme a une valeur différente. En ce qui concerne la Littérature, les candidats des diplômes de la Sorbonne se rappellent, après des années, Camus, Proust, Le Clézio, Modiano. Des choses restent dans la mémoire des enfants qu’aucune leçon n’a réussi à les leur laisser.

 

Evi Markouizou
Lors d’une interview, vous avez référé les mots alliance, association, collaboration. Aujourd’hui, tout cela existe vraiment ?

 

Nicolas Christodoulou
Alliance : Je crois qu’à travers les langues on devient plus alliés aux pays francophones de l’Europe et pas seulement. On le voit surtout dans le domaine éducatif par le fait que les étudiants Grecs qui vont en France, en Belgique ou en Suisse pour leurs études postuniversitaires ne se plaignent pas d’avoir se sentir là comme s’ils n’y appartenaient pas. On a réussi que cette alliance existe au fil du temps. En outre, cela est évident par l’AMOPA aussi. À chaque colloque, 500 membres de pays différents y assistent et leur attitude envers la Grèce est toujours amicale.

Collaboration : Elle existera quand les hommes comprennent qu’il n’y a pas d’injustice parmi eux. Mais, cela n’est pas facile. On doit apprendre à ne pas jeter les responsabilités à d’autres personnes.

Coopération : Il s’agit d’un sujet quotidien. Quand je m’adresse à des professeurs, je n’écris jamais Messieurs/Mesdames les professeurs mais chers collaborateurs vu qu’ils le sont. Je crois que je n’existe pas si vous n’existez pas. C’est un sujet de respect. Si tu ne respectes pas l’autre, tu ne se sentiras pas que l’autre est collaborateur. De plus, l’autre ne se sentira pas qu’il l’est. Tant que tu respectes l’autre tant que tu deviens meilleur.

Evi Markouizou
Combien d’années êtes-vous à l’Institut Français?
Nicolas Christodoulou
Je suis ici depuis 25 ans. Au début, j’étais Adjoint et puis, je suis devenu Chef du Service des Examens. Pendant les trois premières années, je m’étais chargé de l’enseignement aussi. Ensuite, je l’ai continuée d’une autre façon étant donné que je fais la formation aux professeurs en ayant des collaborateurs excellents comme Mme Barbara Stylianou.
Evi Markouizou
Je m’interrogeais toujours comment il était possible que le Chef du Service des Examens enseigne. Je m’imagine que vous le voulez beaucoup ?
Nicolas Christodoulou
Oui, c’est comme ça. Et il n’y a pas certainement de paiement supplémentaire ; je voudrais le mette au clair. Tu ne peux pas diriger les choses si tu ne t’en s’occupes pas. Quand je vais en province, j’examine toujours les enfants avec les autres professeurs afin de savoir ce qui se passe, ce qui est nécessaire, ce qui manque. En ce qui concerne l’enseignement aux professeurs, cela constitue un défi pour moi. Afin qu’on leur enseigne, nous sommes obligés de réhabiliter ce droit tous les trois ans. Cependant, de cette année-ci, cela deviendra tous les cinq ans. De plus, cette année, après trois ans, on a participé à des examens de distance qui se sont déroulés en deux phases ; l’une a duré 8 ½ heures et l’autre 5 ½ heures. En ce qui concerne le domaine de la Littérature, il s’agit de quelque chose qui me plaît. Je me suis chargé d’un cours pour le diplôme Sorbonne C3 ; plus particulièrement, d’un cours sur Proust. J’ai eu certainement l’assistance et le soutien de chaque Attaché d’Ambassade de France et surtout de l’Attaché actuel qui est M. Olivier Descotes. On est dans un lieu qui nous donne la capacité de désaccorder, d’accorder, de s’exprimer, d’argumenter afin de prouver qu’on a raison ou tort. Le plus important est la grande collaboration qu’on a avec la majorité des professeurs qui doivent avoir déjà compris que notre objectif est qu’on avance ensemble pour que ce miracle nommé Institut français de Grèce se réalise. La minorité de professeurs qui ne l’a pas compris est composée de ceux qui ne sont jamais venus ici afin qu’on se collabore. J’en suis désolé parce que je dis beaucoup de fois qu’Institut Français de Grèce fort signifie éducation française forte en Grèce. On doit être tous ensemble. La langue française avancera plus à travers cette collaboration qu’on a. Ce n’est pas un hasard si nous sommes premiers aux diplômes DELF/DALF/SORBONNE en échelle mondiale. Cela montre qu’on continue à embrasser la civilisation française.
Evi Markouizou
Quelle est votre expérience jusqu’à maintenant comme Chef du Service des Examens ?
Nicolas Christodoulou
Les examens ne sont pas statiques. Ils se développent, changent, avancent comme toutes les choses. Mais, le monde, qui veut une typologie, ne l’accepte pas toujours. Nous n’avons pas encore prouvé aux gens que tout change. Pourtant mon expérience aux examens est positive et aimable en dépit du travail continu. N’importe à quelle ville de la Grèce j’aille, je sais qu’à ce lieu on a une personne qui se collabore avec nous, qu’à l’autre lieu on a une autre personne qui nous supporte. Tous ces hommes sont des phares qui aiment vraiment le domaine d’éducation, les examens, la langue française. On s’aperçoit leur soutien très intensivement.
Evi Markouizou
Donc, cette position vous a aidé à ne pas seulement contribuer à la diffusion de la langue française mais au développement des relations personnelles ?
Nicolas Christodoulou
Elle m’a aidé à la création de ce réseau qui s’est développé grâce à ce système. Tous connaissent que nous sommes à leur disposition, qu’ils peuvent nous téléphoner à n’importe quel moment et qu’on va leur répondre même avec délai !
Evi Markouizou
Est-on une famille ?
Nicolas Christodoulou
Absolument. On est une famille forte et solidaire qui, si elle comprend son pouvoir, imposera le français aux lycées ; il s’agit de quelque chose qu’on essaie de réaliser depuis tant d’années.
Evi Markouizou
Cela va fortifier l’alliance Hellas-France ?
Nicolas Christodoulou
Elle est fortifiée puisqu’il y a tous les organismes. Cela est évident aussi par l’entretien de l’Attaché d’Ambassade de France, de M. Olivier Descotes donné au journal grec «To Vima». Il dit : «Je suis Grec et je me sentais toujours Grec». Ce courant philhellène, qui a commencé par Delacroix et par Hugo, continue encore.
Evi Markouizou
Dites-nous quelques mots par rapport à l’AMOPA (Association des membres de l’ordre des Palmes académiques).
Nicolas Christodoulou
On a commencé peu à peu en 2007 après avoir reçu mon premier Palme Académique. Il y a trois grades différents ; celui de Chevalier, celui d’Officier et celui de Commandeur. Ils sont décernés par le Ministre de l’Éducation nationale de France qui s’adresse au Premier Ministre afin qu’il les approuve. Les propositions deviennent par l’Ambassade et la Section de formation de chaque pays ou par la France en direct. Quand j’ai été nommé Chevalier, j’ai dit lors de mon discours que mon but était que la Grèce entre dans cette grande famille de l’AMOPA. Elle a un grand pouvoir et elle siège à deux bureaux à Paris dont l’un se trouve dans le Ministère de l’Éducation nationale. Le Ministre de l’Éducation nationale de France est le Président de l’AMOPA. L’Association est composée de 24 membres dont les deux ne sont pas Français et qui sont élus par l’ensemble de membres ; plus particulièrement, par les 500 qui y sont présents. À cette époque-là, on a commencé avec un petit groupe d’hommes afin de devenir une section de la France. Les membres ont vu qu’on avançait fort à travers des manifestations. De cette époque-là jusqu’à nos jours nous n’avons pris aucune allocation par la France. Nous sommes autofinancés et nous organisons toutes les manifestations tout seuls. Nous avons commencé la procédure pour qu’on soit reconnus en Grèce. Puis, on a déposé notre acte de fondation au Tribunal de Paix et traduit en France. Après assez de temps, on a pris l’autorisation. Des élections ont eu lieu ; les deuxièmes à travers un cabinet d’avocat d’Athènes avec des enveloppes closes afin qu’on soit légitimes. En 2012, on s’est inséré officiellement en Grèce et l’AMOPA Hellas a été créée. Pendant les cinq dernières années, on nous considère comme la section la plus dynamique de l’étranger grâce à toutes ces actions. On a donné notre acte de fondation en Allemagne, en Finlande, en Suisse et à Chypre afin que ces pays fassent un pareil. Il y a deux types de sections ; celles qui sont autonomes et celles qui sont semi-autonomes. On est considérés maintenant comme une section autonome qui a tous les droits de logotypes et la liberté d’utiliser les identités. Cette année, on a fait aussi un don ; en particulier, on a offert deux tickets pour un voyage en avion à Paris à deux élèves des écoles francophones qui étaient les meilleurs après avoir rempli un questionnaire. Les résultats ont été déjà annoncés. L’année dernière, on a fait des manifestations concernant la Littérature. Des hommes abandonnent leurs sections et ils s’amènent à l’AMOPA Hellas comme le spécialiste de Proust nommé Luc Fraisse, le professeur de Montepellier III nommé M. Aggelopoulos. Cela est très important pour nous. On essaie de faire d’autres actions aussi. Jusqu’à ce point on s’est occupé surtout des professeurs. On envoie tout en film en France afin que le forgeage de nos relations plaisantes existe. Selon une lettre que j’ai reçue, la Présidente de la section française au 9ème, 10ème et 11ème arrondissement de Paris, réfère qu’on a beaucoup influencé tous par notre présence là lors de l’année précédente et que cette année-ci, toute la section fait une excursion en Grèce du 19 avril au 27 avril. Le programme inclut Delphes, Épidaure, Olympia. De cette façon, la promotion de la civilisation grecque se réalise aussi.
Evi Markouizou
Mais, en général, l’objectif de l’AMOPA est-il la diffusion de la langue française ?
Nicolas Christodoulou
Certainement, cela est inclus dans son acte de fondation. L’AMOPA a été créée par l’Empereur Napoléon et a été légiférée par la Cinquième République. Elle est toujours sous l’égide de chaque Président de la République française et du Ministre de l’Éducation nationale de France. Il s’agit d’un très grand organisme. Nous publions aussi notre revue incluant des articles de grande importance trois fois par an. L’année dernière, au colloque de Nantes, le Président a dit que la Grèce donnait beaucoup de leçons parce que tous y étaient présents sans demander quelque chose. On a été appelé à l’Assemblée de France et on a parlé du sujet qui était en discussion par rapport à la possibilité qu’aux universités françaises l’enseignement se réaliserait en anglais aussi. Nous n’étions pas d’accord avec ça mais notre proposition n’a pas été acceptée. En 2015, nous allons faire de nouvelles actions. Le premier semestre sera lié aux enfants et le deuxième semestre est une surprise. Nous avons aussi la collaboration des professeurs de la Sorbonne qui sont membres de l’AMOPA comme Olivier Soutet, Denis Labouret et Luc Fraisse.
Evi Markouizou
Que la Littérature signifie-t-elle pour vous?
Nicolas Christodoulou
D’abord, aucun jour ne se passe sans que je lise la Littérature. Je crois que les livres sont les amis qui nous n’ont jamais trahis. Pendant des moments difficiles, tu recours toujours aux livres. Lors de la guerre à Chypre, j’étais trop petit et je me souviens qu’il y avait une bibliothèque ambulante. Nous avions beaucoup de livres chez nous. Cependant j’avais emprunté de cette bibliothèque «Les Misérables» de Victor Hugo et avant la guerre, j’étais arrivé jusqu’à la fin du premier tome. Lors de la guerre, je n’ai pas lu puisqu’on essayait d’être sauvés. Après beaucoup de temps, j’ai dit que je prendrais le livre dont je n’avais pas accompli la lecture. La Littérature est pour moi comme la Philosophie. Elle a des points qui te font penser plus. Moi, je m’occupe de Proust et mon doctorat, déjà fait, est sur son œuvre. Mais, je n’ai pas eu le temps afin de l’étudier tant que je veux. Cependant, j’ai déjà trouvé la philosophie à travers lui. En outre, l’esthétique et la philosophie se donnent à travers l’œuvre de Proust.
Evi Markouizou
Mais, est-ce que quelqu’un peut apprendre Proust vu qu’il s’exprime d’une façon unique ?
Nicolas Christodoulou
La différence est que Proust échappe au roman du 19ème siècle où on a Balzac, Stendhal, Flaubert qui nous donnent une histoire. La description de Proust n’est pas la même que celle de Balzac. Proust, dans son œuvre «À la recherche du temps perdu» contenant sept tomes, ne décrit pas la personne mais comment est la lumière dehors, comment sont les parfums. Il s’intéresse plus à l’esthétique. Avec les phrases ou les souvenirs il se trouve plus au passé et au présent qu’au futur. Quelquefois on a le futur ; cela se passe quand il nous donne un signe. Par exemple, il rencontre Gilberte et après 1500 pages, il nous analyse le signe dont il nous a parlé. Cela est l’élément unique de Proust. On peut, aussi, lire l’une partie indépendamment de l’autre.
Evi Markouizou
Mais, est-ce qu’on réussit à comprendre l’œuvre précise de cette façon ?
Nicolas Christodoulou
On n’est pas obligé de la lire par ordre vu qu’on ne va pas lire une histoire complète. Proust s’intéresse seulement au temps et pas à l’histoire des personnes. On voit le temps comme temps à la fin où les personnes ont vieilli. Là, on voit Odette qui est la beauté diachronique et à qui le narrateur lui dit que si j’étais sculpteur, je vous emprunterais comme la beauté éternelle au moment où les autres personnes ne se reconnaissent pas. La Littérature, jusqu’à la moitié du 20ème siècle, remplaçait l’Histoire aussi. Mais, avec Proust on voit la Première Guerre Mondiale à travers un autre point de vue. Je parle surtout de Proust étant donné que chaque comparaison littéraire en échelle mondiale aboutit à la conclusion que cela rassemble à Proust. Cependant il n’a pas été reconnu pendant les premières années. De toute façon, aujourd’hui, Proust est considéré comme le plus grand écrivain du 20ème siècle.
Evi Markouizou
Cela est-il possiblement dû au fait que la compréhension de son écriture n’était pas facile vu qu’il nous parle du temps d’une façon différente ?
Nicolas Christodoulou
En Littérature on peut dire que l’avant n’existe plus, qu’on vit le maintenant et qu’on ne connaît pas le futur. À travers Proust, on trouve la notion du temps dans cette triple dimension. Ce qui m’a fait s’occuper de Proust était l’élément le plus battu avec Madeleine qui nous amène à des années précédentes. La première fois que je l’ai lu, j’aperçois qu’il a mangé ce gâteau à travers lequel il s’est transporté au passé. Moi, je voudrais revenir à mon enfance ; je l’ai réussi à travers la saveur et l’arôme. En particulier, j’avais senti un citron sauvage et soudain, il m’a amené à cet âge. J’ai dit que c’était le pouvoir de Proust et ainsi, j’ai décidé de s’occuper de son œuvre.
Evi Markouizou
Marcel Proust est-il, donc, votre écrivain aimé ?
Nicolas Christodoulou
Oui, certainement. En outre, il donne une dimension sociologique à travers les classes sociales. Bien qu’il soit considéré comme une personne mondaine et qu’il soit accusé de cela par Sartre, Proust fait le contraire ; il montre qu’il n’y a pas de classes. Il prouve que personne n’est ce qu’on voit, qu’un homme peut être plusieurs hommes ensemble. Il s’agit d’une focalisation. Peut-on focaliser sur un homme et dire des choses différentes pour lui en même temps ? Cela n’est pas possible ; ça se passe seulement à la peinture. Après la mort de Proust, son importance était évidente. Lors de la période de sa mort, quelques boums ont été organisées et à l’une d’elles, chacun pouvait se déguiser en un personnage de son œuvre «À la recherche du temps perdu» sauf en narrateur parce que cela serait un sacrilège.
Evi Markouizou
Pour quelle raison avez-vous commencé à écrire ?
Nicolas Christodoulou
Je comprenais à travers les cours que les hommes demandaient quelque chose de différent. On leur donnait, par exemple, des conseils sur l’écriture d’un essai, mais il n’y avait pas quelque chose de précis à l’écrit. À cette époque-là, les professeurs n’étaient pas beaucoup familiarisés avec Internet et ils voulaient une aide. Je n’ai jamais écrit pour le DELF afin de ne pas être accusé d’être informé du changement en raison de ma position. Mais, j’ai écrit pour le DALF C2 parce que personne ne s’en est occupé à cette époque-là. Certainement, chaque fois que je vois le livre précis maintenant, je me dis que je ferais des changements. Par rapport à mon livre pour le diplôme Sorbonne C2, je me préoccupais du sujet des phrases grecques écrites en français qui aident l’homme à comprendre la structure de la langue. Je pensais que si j’écrivais une théorie grammaticale, cela serait fatigant pour le professeur ou que si j’écrivais la théorie grammaticale sous la phrase, cela serait fatigant aussi. Le professeur est un homme intelligent qui recherche et qui apprend continuellement. Son métier est l’un des plus intelligents vu qu’il nous tient en réveil pendant toute notre vie ; nous sommes toujours jeunes. J’ai abouti à la conclusion que le professeur trouverait seul la théorie et qu’il pourrait faire ses cours à travers les phrases précises. Puis, j’ai ajouté mes idées sur l’essai en dépit du fait qu’elles sont un peu personnelles. Mais, tu as la chance d’entrer à la place du candidat de cette façon. Mon dernier livre concernant l’exposé constitue une promesse donnée à mon fils qui est à Paris et qui m’avait référé que les étudiants y avaient des difficultés. En conséquence, je l’ai écrit entièrement au lieu de donner seulement le plan malgré que l’exposé soit seulement pour l’oral. Je crois que si l’exposé est écrit, il aide le lecteur à le comprendre.
Evi Markouizou
Que le français est-il pour vous ?
Nicolas Christodoulou
Pour moi c’est l’être, pour le monde c’est la liberté d’expression. On l’a vu, en outre, lors du déroulement de derniers faits au magasin «Charlie Hebdo». Il n’y a tant de liberté d’expression à aucun pays et c’est la langue française qui donne ça. Elle nous fait penser, agir et réagir différemment. Celui qui a fait des études en lettres françaises, il ne peut pas être fanatisé de religions, d’états politiques extrêmes.
Evi Markouizou
Je vais vous dire quelques mots et vous allez me donner un mot qui vous convient.

Evi Markouizou
IFA

Nicolas Christodoulou
Civilisation

Evi Markouizou
AMOPA

Nicolas Christodoulou
Éducation

Evi Markouizou
Élèves

Nicolas Christodoulou
Futur

Evi Markouizou
Professeurs

Nicolas Christodoulou
Investissement

Evi Markouizou
Famille

Nicolas Christodoulou
Importante

Evi Markouizou
France

Nicolas Christodoulou
Phare

Evi Markouizou
Grèce

Nicolas Christodoulou
Histoire

Evi Markouizou
Chypre

Nicolas Christodoulou
Injustice

 

Evi Markouizou
À ce point notre entretien est arrivé à sa fin. Je voudrais vous remercier de votre temps.

Nicolas Christodoulou
Je vous remercie de notre collaboration continue. Je remercie aussi beaucoup la maison d’édition Patakis du travail fait concernant le français.


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