Points de vue 

La chasse aux notes…

On entend souvent des phrases telles que « Tu dois obtenir d’excellentes notes », « Tu auras un meilleur avenir si tu as seulement les meilleures notes dans la classe » ou « J’étudie plusieurs heures parce que je chasse la meilleure note », « Je dois obtenir par exemple vingt sur vingt parce que je dois simplement le faire ».

Au fur et à mesure que le temps passe, tout change et tout reste, en parallèle, le même. Mais, quelle est la signification de cela ? Les phrases qu’on entendait dans le passé, on les entend dans le présent aussi. Une chasse aux notes incessante à tel point que les notes ont le contrôle absolu. Le candidat obtient un diplôme de la langue française et son entourage lui demande : « Quelle était ta note ? ». S’il échoue, il lui pose une question différente incluant de nouveau le mot « note » en disant : « Pour combien de notes tu n’as pas réussi ? ».

On ne parlera pas d’un entourage particulier, c’est-à-dire de l’entourage familial ou amical, on ne jugera pas ou mieux on ne critiquera pas une attitude qui ne convient pas à la nôtre. Au contraire, on s’interrogera si les notes nous dirigent, si elles forment notre personnalité, si elles bâtissent notre futur et en général si on doit se soumettre à elles. On fera référence parallèlement à l’élève situant au centre de cette pression que quelques personnes pourrait caractériser même oppression.

Chaque professeur, qui est pédagogue à la fois, n’enseigne pas seulement ; par contre, il observe des comportements, écoute des problématiques, recherche des solutions et il essaie quotidiennement d’être à côté de l’élève. Il lui enseigne la matière nécessaire sans arrêter là. Il l’écoute, il essaie de comprendre ses problèmes, il lui conseille si cela est demandé. Mais, qu’est-ce qu’il fait quand il entend les phrases au-dessus mentionnées ? Quelques-uns diront que le professeur doit ne pas exprimer son opinion, être d’accord avec l’entourage de l’élève qui articule ces phrases et fortifier la volonté de cet entourage pour l’obtention d’une très bonne note. Quelques autres personnes diront que le pédagogue doit exprimer son avis. En outre, son rôle n’est pas seulement d’enseigner la matière selon des systèmes éducatifs mais de contribuer à l’éducation de l’élève de façon positive. Mais, quelle est la signification de la phrase « de façon positive » ? On croit que la façon positive consiste à ne pas imposer nos croyances personnelles mais à prouver que la médaille a deux faces. En outre, rien n’est absolument noir ou absolument blanc dans la vie. Une telle opinion qui est synonyme de l’absolutisme ne peut que mener à des pensées absolues et à des extrémités.

En conséquence, qu’est-ce qui se passe quand l’entourage exige que l’élève obtienne des excellentes notes ? Cet élève, qui étudie d’innombrables heures, qui n’a pas de loisirs, qui ne se socialise pas, qui n’est pas informé de l’actualité faute de temps, sera l’homme qui arrivera à avoir seulement des réussites dans la vie ? Il y arrivera possiblement. Mais, si on lui impose d’être le meilleur élève sans qu’il le désire, il n’affrontera pas peut-être les exigences de la vie avec réussite. L’angoisse, l’attente quotidienne des troisièmes personnes pour qu’il apporte la meilleure note ne lui permettront pas à comprendre ce qu’il veut lui-même faire. Ses rêves ne verront pas le jour vu que son entourage les aura assombris de ses rêves. On entend souvent les adultes mentionner : « Nous savons ce que l’élève doit faire », « Nous voulons qu’il soit le meilleur élève afin qu’il devienne le meilleur scientiste dans l’avenir ». Il est remarqué, donc, que les rêves de l’adulte, qui n’ont pas été réalisés en raison de quelque chose, seront réalisés à travers la vie de l’élève. D’autres fois, on écoute des phrases différentes telles que « Tu apporteras la note que je veux » ou « Quelle est cette note que tu as apportée ? Moi, j’en apporterai une meilleure ». Dans ces cas, on comprend que la liberté de la personne, dans ce cas précis celle de l’élève, est abolie par ces phrases. L’entourage peut ne pas accepter la note acquise, mais en même temps il ne respecte pas les efforts de l’élève. Il le critique, il le sous-estime et il lui prive le droit de supporter ce qu’il a réussi. Il ne recherche pas les raisons qui ont abouti à ce résultat ou il ne mentionne pas que la vie cache des échecs. Il le mentionne peut-être à une personne de son âge en portant un masque afin de donner sa représentation théâtrale vu qu’il ne croit rien de ce qu’il dit.

Quelquefois, on remarque que des élèves entrent dans cette chasse aux notes sans que personne ne le leur demande. On voit qu’ils sont fatigués d’heures infinies d’étude, privés d’amusement, de leurs relations sociales. Quelques-uns d’eux essaient de combiner tout ; c’est-à-dire d’étudier parfaitement, de voir un film avec leurs amis ou d’écouter une chanson aimée. Mais, dans ce cas, ils sont plus fatigués et plus stressés. Leur entourage mentionne que cet élève est joyeux parce qu’il peut faire tout. Mais, est-il vraiment joyeux ? Comment cela peut être en vigueur quand sa pensée est liée exclusivement à un programme continu, qu’il peut être réalisé, si, après la fin de sa sortie, l’élève doit rester debout pendant toute la nuit au-dessus d’un livre afin d’étudier de plus ? Comment peut-il joyeux quand l’obtention d’un diplôme avec une note inférieure à celle qu’il attendait le rend totalement malheureux ? Comment, donc, l’élève qui chasse continuellement l’élément parfait en croyant être parfait aussi peut être joyeux devant un échec possible ? Il est évident que personne n’est heureux quand il échoue. Il recherche les raisons qui l’ont conduit à ce point et il se lève de nouveau afin de faire plus d’efforts. Cependant l’élève précis ne recherche pas cela. Par contre, il considère qu’il ne devait pas échouer parce qu’il connaît tout. En conséquence, il aboutit à l’opinion qu’il a subi une injustice. S’agit-il vraiment d’une injustice ? La réussite ne dépend pas seulement de l’effort personnel mais des facteurs extérieurs aussi. Quand, par exemple, l’élève passe des examens afin d’entrer à l’enseignement supérieur ou d’obtenir le diplôme d’une langue étrangère, il se situe dans un nouvel environnement qui n’est pas celui de son établissement scolaire. Il est entouré de candidats qu’il ne connaît pas et de professeurs inconnus aussi. L’angoisse le domine même s’il ne l’admet pas. En conséquence, son monde psychologique est déjà perturbé et lui, il est appelé, à ce moment précis, à faire du mieux qu’il peut indépendamment du résultat. Le fait que l’élève se trouve à ce point constitue une grande réussite. Mais, peut-il le comprendre ou la réussite est réelle pour lui s’il obtient la plus excellente note de tous ?

Doit-on, finalement, chasser ou ne pas chasser les notes ? Nous croyons que la réussite est liée et n’est pas liée aux notes. L’élève est excellent quand il n’est pas enfermé dans la chasse aux notes, quand il est joyeux, quand il sourit. Comment peut-on parler d’une notation parfaite quand un élève, ayant beaucoup de certificats, sort à la vie et il n’a pas les biens pour vivre ? Les personnes de son âge vont au cinéma et lui, il ne les accompagne pas parce qu’il n’a vu aucun film jusqu’à ce moment. Son ancien entourage lui avait construit un microcosme dans lequel il existait afin de servir leurs volontés. Maintenant il est complétement seul dans le terrain de la vie et il a besoin d’être guidé. Il comprend que c’est le temps pour qu’il ouvre ses ailes, mais il ne peut pas le faire. Par conséquent, il a besoin d’acquérir les connaissances que la vie lui donne. Mais, il risque en même temps de tomber dans le piège d’un autre entourage qui possiblement ne l’influencera pas positivement. Donc, qu’est-ce que l’excellent élève fera ? Réussira-t-il à survivre dans la jungle nommée société humaine ? On ne peut pas deviner mais on peut certainement attendre le meilleur résultat. L’homme, d’habitude, réussit à faire ce qu’il désire ; ainsi, cet élève survivra, sera socialisé, sourira, ouvrira ses horizons.

Mais, qu’est-ce qui se passera avec l’élève qui avait choisi seul à chasser les notes ? Il n’est plus membre d’un établissement scolaire, mais membre de la grande école de la vie. Chaque homme est unique, chaque homme a ses capacités, chaque homme est différent. Il y a des hommes qui peuvent s’occuper d’une science, c’est-à-dire devenir médecins, avocats, professeurs. En parallèle, il y a les artistes qui impressionnent de leurs artisanats d’art puisqu’ils prennent un petit bois et un fil pour créer un objet de décoration unique. Chaque homme, qui n’était pas le meilleur élève dans la classe, maintenant comme un adulte, est distingué de quelque chose vu qu’il a trouvé son inclinaison ou en général son soi-même. Il peut réaliser des discussions de n’importe quel contenu, a des connaissances générales liées par exemple à l’histoire d’autres pays, aux créatures du royaume d’animaux, à l’industrie automobile mondiale. Mais, il n’avait pas de bonnes notes et il n’en aura pas. L’ancien élève excellent pourra parler avec lui ? Cet élève comprendra que son interlocuteur est un excellent élève aussi ou le marginalisera parce qu’il n’a jamais obtenu la meilleure note dans l’école ?

Quand un candidat pour l’obtention d’un diplôme de la langue française a réussi et quand il n’a pas réussi ? Obtenir ou ne pas obtenir le diplôme, l’élève a réussi pour la première fois au moment où il a passé le seuil du centre d’examens. Comme un adulte maintenant, il est une excellente personne quand il a appris à distinguer le correct du faux, quand il respecte autrui, quand il ne recourt pas aux actions criminelles, quand il ne piétine pas l’autre afin de réussir lui-même, quand il est un homme plein d’éthique et de vertus. L’élève, qui n’a pas obtenu la meilleure note parce qu’il ne le pouvait pas ou qu’il ne le voulait pas, il est maintenant le meilleur élève. Il a son opinion personnelle, il écoute et il respecte l’autre ayant une opinion différente, il s’informe de l’actualité, il n’est pas convaincu par une nouvelle lue sur un site et il cherche afin de la vérifier. Il n’accepte pas de devenir pion d’un entourage ; mais, en parallèle, il ne veut pas manipuler l’autre. Il accepte d’ouvrir ses horizons, il a des questions, il a des problématiques et il sait qu’il ne sait pas tout.

L’adulte continue à prendre d’excellentes notes, quand, lors d’une discussion concernant la littérature, l’histoire, la philosophie françaises et en général la civilisation française il ne reste pas comme un observateur. Il discute avec les autres et il sait donner des informations sur des personnalités qui seront possiblement mentionnées. Le nom de Molière est référé et lui, il affirme qu’il s’agit du dramaturge qui a changé les données théâtrales au 17ème siècle à travers des œuvres dont les messages sont diachroniques et pas anachroniques. Le nom de Jean-Paul Sartre est mentionné et lui, il peut comprendre de quel homme on parle. Il comprend qu’on parle du philosophe qui a jeté les les bases pour l’existentialisme en affirmant que « l’homme est responsable de tout ce qu’il fait ». Il écoute le nom de Voltaire et il ne l’ignore pas. En particulier, il ne pense pas qu’il a écouté, une fois, ce nom. Cependant, il peut dire que Voltaire était le philosophe des Lumières qui a posé le principe de la liberté d’expression quand il a affirmé : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. ». Quelqu’un commence une discussion liée au mal que l’homme fait à l’autre homme et à ce moment-là il mentionne un autre philosophe ; Albert Camus. L’élève, qui est adulte maintenant, participe à cette discussion et si par hasard il a lu « La Peste » pour un diplôme français, il mentionne à son interlocuteur : « …que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, […], la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse ».

D’innombrables exemples peuvent prouver si on doit ou on ne doit pas chasser les notes. Mais, ce qu’on ne doit pas oublier est que l’homme n’existe pas sans être homme. On peut naître comme des êtres humains, mais on devient hommes à travers le savoir. En outre, « le savoir est une force ».

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